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Sanary-sur-Mer, Hauptstadt der deutschen Literatur |
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" Der Winter war kurz und leicht- mit Rosen, weißem Thymian, frühen Mimosen und Nelken. Es war gar kein Winter, wenn man aus dem Norden kam. Im Januar wurde es schon wieder Frühling..."
Ludwig Marcuse ( Mein zwanzigstes Jahrhundert)
Pour ceux qui arrivent du nord, à Sanary-sur-Mer, il n'y a pas d'hiver. En janvier, ils ne trouveront que la douceur d'un printemps précoce et le parfum de ses fleurs: telle a été, pour Ludwig Marcuse, l'impression durable qu'exerça sur lui ce climat exceptionnel. Ses mémoires, Mein zwanzigstes Jahrhundert - Mon vingtième siècle- traduisent un attachement particulier à Sanary, ce hâvre découvert en 1933, où il demeura jusqu'en 1939 et qu'il qualifia d'ailleurs de la plus "paternelle" des patries: die heimatlichste Heimat. Lien privilégié s'il en est, quand on connait l'usage de Heimat en allemand.
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L.Marcuse Fusain réalisé par Johann Pollak |
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A la prise de pouvoir de Hitler, quand les persécutions commencèrent en Allemagne après l'incendie du Reichstag, un grand nombre d'artistes et d'intellectuels furent contraints à l'exil. Une petite " colonie " allemande se forma dans le modeste port varois de Sanary-sur-mer.
Toutefois, ce joli village situé dans une rade protégée était déjà connu des peintres depuis le début du siècle en raison de son éclatante lumière. A partir des années 20, sa fréquentation s'étendit à un grand nombre d'artistes et d'intellectuels venus de différents horizons, dont le célèbre écrivain anglais, Aldoux Huxley. Et, à partir des années 30, s'ajoutèrent quelques intellectuels allemands autour desquels se fixa, à partir de février 33, la petite "colonie".
Sur Sanary-sur- Mer, l'on pourra lire un extrait de mon livre L'enlèvement d'Europe. Réflexion sur l'exil intellectuel à l'époque nazie, en cliquant sur le lien
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SANARY-SUR-MER. MEMOIRE ET CULTURE. |
Jamais un aussi modeste port de la Méditerranée n'aura accueilli, autant que Sanary-sur-mer, et en si peu de temps, un aussi grand nombre d'illustres figures des arts et de la littérature européenne. Certaines y passèrent; d'autres s'y fixèrent pour un long séjour, comme un hommage implicite à la beauté et la sérénité des lieux.
Il suffit aujourd'hui, au hasard d'une promenade, de lever les yeux sur la plaque commémorative apposée sur une des façades de l'office du tourisme pour y lire les noms de ceux que l'exil a rassemblés là, de 1933 à 1939, ou encore, de s'engager dans les ruelles du port ou sur la corniche de Portissol, pour y retrouver, inchangées, les demeures de quelques-uns de ces écrivains et artistes allemands. La ville de Sanary a su en garder la mémoire vivante en organisant des rencontres culturelles, des expositions et autres manifestations. C'est dans ce cadre qu' en janvier 2011 a été inaugurée une nouvelle plaque commémorative en présence d'écrivains du Pen Club allemand présenté par Monsieur Sylvestre Clancier, Président du Pen Club français et de Monsieur Manfred Flügge, écrivain.
L'art et la culture s'inscrivent donc naturellement, comme de droit, dans un tel héritage et, dans l'exceptionnelle lumière de son port, les manifestations culturelles prennent toujours un air de fête.
C'est ainsi qu'en période estivale le quai de la mairie est abandonné un soir par semaine aux artistes et écrivains et aux passants qui jouissent alors de l'animation des fraîches heures de la nuit.
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Inauguration de la plaque commémorative le 28 janvier 2011 en présence des Présidents du Pen-Club allemand ( à gauche) et français (à droite). |
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Lecture publique au café Le Nautique dans la tradition des écrivains exilés allemands. |
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Groupe de collégiens au départ de la visite guidée "découverte du parcours des exilés". |
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Groupe de collégiens devant la villa de Thomas Mann. |
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Carré littéraire et artistique d'été. |
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